Le judo est un miroir d'une honnêteté sans filtre. Sur le tatami, comme dans l'existence, il n'y a pas de faux-semblants : le combat nous confronte immédiatement à ce que nous sommes, à ce que nous avons construit, mais aussi à ce que nous avons négligé.
Ce championnat régional aura été l'un de ces moments de vérité. Une journée intense, exigeante, où la réalité s'impose avec une clarté parfois brutale. Car le judo n'est pas qu'un sport ; c'est une école de vie condensée en quelques minutes d'effort.
Il y a d'abord la dureté du sort. Ceux qui se sont préparés sans relâche, mais que le tirage au sort place d'entrée face au numéro un, sans possibilité de repêchage. C'est l'illustration exacte de ces aléas de la vie où, malgré toute la bonne volonté, l'implication et le travail, le contexte joue contre nous. La réussite exige des efforts, mais elle comporte aussi une part de facteurs qu'on ne maîtrise pas. Accepter cela sans rancœur ni découragement, c'est accéder à une vraie maturité humaine.
Puis, il y a la leçon sans concession de la préparation. Dans la vie comme sur le tatami, lorsque l'engagement a manqué ou que l'on n'est pas prêt, la réalité finit toujours par nous rattraper. On ne peut alors s'en prendre qu'à soi-même. Pourtant, même au cœur de ce constat, le chemin ne s'arrête pas. Certains, au mental, sont parvenus à grignoter cette place pour le national. Ils se retrouvent aujourd'hui face à un carrefour existentiel : baisser les bras et donner raison à la fatalité, ou saisir les deux semaines qui viennent pour retrousser leurs manches, combler le retard et faire honneur à leur chance. Rien n'est jamais définitivement perdu tant qu'on refuse de capituler.
Enfin, il y a la victoire sur soi-même. Celle de celles et ceux qui sont allés au bout de leurs forces, bravant un pépin de santé, un tirage défavorable ou une journée sans. Ils ont lutté avec leurs armes du moment, sans chercher d'excuses, guidés uniquement par le refus d'abandonner. Qu'ils repartent avec une médaille ou une simple qualification, ils ont incarné ce que la vie exige de plus noble : faire face avec courage, quel que soit l'état du terrain.
Gagner ou perdre ne résume ni une carrière ni une valeur humaine. L'essentiel réside dans la lucidité avec laquelle on accueille la leçon, le respect du travail accompli et cette volonté inébranlable de retourner au travail dès le lendemain.
Deux semaines nous séparent du rendez-vous national. À chacun désormais de choisir ce qu'il fera de la leçon d'aujourd'hui.
Nos judokas au régional...
Le manque de chance au tirage des garçons...
Jules Bonte en -66 tombe dans le tableau A. Le plus relevé. Il rencontre au premier combat celui qui terminera médaille de bronze. Ce dernier rencontrera le futur champion régional, ce qui prive Jules de repéchâge.
Timéo Anckaert en -73, encore U18, a la même mésaventure. Il rencontre le futur médaillé de bronze au premier tour qui se perdra le combat suivant face au futur champion. Pas de repéchâge pour Timéo. Un ranking pour les années à venir serait une bonne chose pour mieux répartir les tableaux.
Lucas Pirlot (-81, une nouvelle catégorie) remporte son premier combat. Il perd le combat suivant. Malheureusement son adversaire perd le tour suivant ce qui prive Lucas de repéchâge.
Chez les filles...
Lisa Mouvet (-52) passe à côté de son premier combat contre la future finaliste. Repêchée, elle saisit sa chance et remporte ippon son combat. En petite finale, elle laisse passer sa chance face à une jeune judokate du Dojo Liegeois. Elle termine 5eme ce qui lui permet de participer à sa première finale nationale.
Evine-Maëlle Ovayolu (-52) avait envie de prendre part à ces régionaux. Elle rempore rapidement son premier combat par ippon en moins de 10 secondes. Elle perd ensuite contre la même judokate que Lisa. En repéchâge, elle se heurte à Latorrata qui l'arrête dans son aventure. Elle termine 7ème.
Jade Verbauwhede (-57) rentrait de camps militaire ERM. Fatiguée, elle n'a pas réussi à faire son judo. Eliminée d'entrée et privée de repéchâge.
Lorine Ovayolu (-57), habituée des championnats, remporte facilement le premier tour. Opposée à une sérieuse candidate (future finaliste) elle s'incline d'un petit yuko. En repéchâge Lorine passe a côté de son combat et se fait éliminée. Manque de préparation et d'entrainement, elle termine 7ème comme sa soeur.
Angèle Bonte (-63), préparée mais souffrante ce dimanche, parvient à remporter son premier combat malgré qu'elle soit menée au score par yuko. Elle perd ensuite contre la future championne. En petite finale, elle saisit sa chance de monter sur le podium et remporte ippon le combat. Médaillée de bronze, elle complète la selection pour le national 2026.

